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Centrale Maths 2 PSI 2015

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Énoncé de l’épreuve

Énoncé Centrale 2015 – PSI – Maths 2

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Questions du sujet

1. I.A.1) a) Montrer que pour tout $(x, y) \in \Omega$, l’ouvert $\Omega$ contient un sous-ensemble de la forme $I \times J$, où $I$ et $J$ sont des intervalles ouverts non vides de $\mathbb{R}$ contenant respectivement $x$ et $y$.\\ L’utilisation d’un dessin sera appréciée ; ce dessin ne constituera cependant pas une preuve.\\ b) En déduire que $P$ est le polynôme nul.\\ On pourra se ramener à étudier des fonctions polynomiales d’une variable. } 2. I.A.2) Ce résultat subsiste-t-il si l’ensemble $\Omega$ admet une infinité d’éléments mais n’est pas supposé ouvert ?} 3. I.B.1) Soit $m \in \mathbb{N}$. Justifier que l’espace vectoriel $\mathcal{P}_m$ est de dimension finie et déterminer sa dimension. } 4. I.B.2) Déterminer un polynôme harmonique de degré 1, puis de degré 2.} 5. I.B.3) a) Montrer que l’ensemble des polynômes harmoniques est un sous-espace vectoriel de $\mathcal{P}$.\\ b) Pour tout $m \geq 2$, on note $\Delta_m$ la restriction de $\Delta$ à $\mathcal{P}_m$. Montrer que $\dim(\ker \Delta_m) \geq 2m + 1$.\\ c) Que peut-on déduire pour la dimension de l’espace vectoriel des polynômes harmoniques ? } 6. I.C. Déterminer, dans chacun des cas suivants, un polynôme harmonique $H$ qui vérifie $H(x, y) = f(x, y)$ pour tout $(x, y) \in C(0, 1)$ :\\ I.C.1) $f(x, y) = xy$ ;\\ I.C.2) $f(x, y) = x^4 – y^4$. } 7. II.A — On prend pour $\Omega$ (uniquement dans cette question) l’intérieur du triangle équilatéral de sommets $(1, 0)$, $(-1/2, \sqrt{3}/2)$ et $(-1/2, -\sqrt{3}/2)$. Faire un dessin sur lequel apparaissent $\Omega$ et $\Omega_{2,1,1/2}$.} 8. II.B.1) Soit $\lambda \in \mathbb{R}^*$ et $(x_0, y_0) \in \mathbb{R}^2$ fixés.\\ Soit $f : \Omega \to \mathbb{R}$ une application harmonique de classe $C^2$ telle que $\partial_1 f$ et $\partial_2 f$ sont de classe $C^2$ sur $\Omega$. Montrer que les applications $\partial_1 f$ et $\partial_2 f$ sont également harmoniques sur $\Omega$. } 9. II.B.2) Par quelle(s) transformation(s) géométrique(s) l’ensemble $\Omega_{x_0, y_0, \lambda}$ est-il l’image de $\Omega$ ? Justifier que $\Omega_{x_0, y_0, \lambda}$ est un ouvert de $\mathbb{R}^2$.} 10. II.B.3) Soit $g : \Omega_{x_0, y_0, \lambda} \to \mathbb{R}$ une application harmonique.\\ Montrer que l’application $(x, y) \mapsto g(\lambda(x, y) + (x_0, y_0))$ est harmonique sur $\Omega$. } 11. II.C.1) Montrer que les applications\\ $h_1 : \mathbb{R}^2 \setminus \{(0, 0)\} \to \mathbb{R},\ (x, y) \mapsto \ln(x^2 + y^2)$\\ et\\ $h_2 : \mathbb{R}^2 \setminus \{(0, 0)\} \to \mathbb{R},\ (x, y) \mapsto \dfrac{x}{x^2 + y^2}$\\ sont harmoniques. } 12. II.C.2) En déduire que, pour tout $t \in \mathbb{R}$, l’application $(x, y) \mapsto 1 – \dfrac{((x + \cos t)^2 + (y + \sin t)^2)}{x^2 + y^2}$ est harmonique sur $\mathbb{R}^2 \setminus \{(0, 0)\}$. } 13. II.D.1) Montrer que, pour tout $t \in \mathbb{R}$, l’application\\ $N_t : D(0, 1) \to \mathbb{R},\ (x, y) \mapsto N(x, y, t)$\\ est harmonique.\\ On pourra utiliser la question II.B.3. } 14. II.D.2) Dans la suite de cette partie, le couple $(x, y)$ est fixé dans $D(0, 1)$.\\ Montrer que $t \mapsto N(x, y, t)$ est définie et continue sur $[0, 2\pi]$. } 15. II.D.3) Soit $t \in [0, 2\pi ]$ fixé. Déterminer deux nombres complexes $\alpha$ et $\beta$, indépendants de $t$ et de $z$, tels que\\ $N(x, y, t) = -1 + \dfrac{\alpha}{1 – z e^{-i t}} + \dfrac{\beta}{1 – \overline{z} e^{i t}}$\\ } 16. II.D.4) En déduire que \[ \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} N(x, y, t) dt = 1. \] On pourra écrire $\dfrac{1}{1 – z e^{-i t}}$ sous la forme de la somme d’une série de fonctions. } 17. III.A.1) a) Montrer que $N_u$ admet une dérivée partielle $\partial_{11} N_u$ d’ordre 2 par rapport à $x$.\\ De même on peut montrer que $N_u$ admet des dérivées partielles d’ordre 2 par rapport à toutes ses variables, continues sur $D(0, 1)$. Ce résultat est admis pour la suite.\\ Exprimer, pour tout $(x, y) \in D(0, 1)$, pour tout $(i, j) \in \{1,2\}^2$, $\partial_{ij} N_u(x, y)$ en fonction de $\partial_{ij} N(x, y, t)$.\\ b) En déduire que $u$ est harmonique sur $D(0, 1)$. } 18. III.A.2) Dans cette question, on fixe $t_0 \in [0, 2\pi]$, $(x, y) \in D(0, 1)$ et $\varepsilon > 0$. De plus, on note, pour tout réel $\delta > 0$ : \\ $I_0 = \{ t \in [0, 2\pi]~|~\|( \cos t, \sin t ) – ( \cos t_0, \sin t_0 ) \|_2 \leq \delta \}$\\ a) Montrer que $I_0$ est un intervalle ou bien la réunion de deux intervalles disjoints.\\ L’utilisation d’un dessin sera appréciée ; ce dessin ne constituera cependant pas une preuve.\\ b) Montrer, en utilisant l’application $f$, l’existence d’un réel $\delta > 0$ tel que \[ \left| \int_{t \in I_0} N(x, y, t) (f(\cos t, \sin t) – f( \cos t_0, \sin t_0 )) dt \right| \leq \frac{\varepsilon}{2} \] c) Soit $\delta > 0$ quelconque. Montrer que, si $t \in [0, 2\pi] \setminus I_0$ et $\|(x, y) – (\cos t_0, \sin t_0 )\|_2 \leq \delta/2$, alors \[ |N(x, y, t)| \leq 4 \frac{1 – (x^2 + y^2)}{\delta^2} \] } 19. III.A.3) Prouver que $u$ est une application continue en tout point de $C(0, 1)$. Qu’en conclut-on pour l’application $u$ ?} 20. III.B.1) Supposons que $u_n$ admette un maximum local en $(\tilde{x}, \tilde{y}) \in D(0, 1)$.\\ a) En s’intéressant au comportement de la fonction $x \mapsto u_n(x, \tilde{y})$ montrer que, dans ce cas, $\partial_{11} u_n(\tilde{x}, \tilde{y}) \leq 0$.\\ De même, on peut montrer que $\partial_{22} u_n(\tilde{x}, \tilde{y}) \leq 0$. Ainsi $\Delta u_n(\tilde{x}, \tilde{y}) \leq 0$. Ce résultat est admis pour la suite.\\ b) En déduire que $u_n$ n’admet pas de maximum local sur $D(0,1)$. } 21. III.B.2) En déduire que, pour tout $(x, y) \in D(0,1)$, $u_n(x, y) \leq 1/n$.} 22. III.B.3) Montrer que $u$ est identiquement nulle sur $\overline{D(0,1)}$.} 23. III.C) Prouver que, pour toute application continue $f : C(0,1) \to \mathbb{R}$, l’ensemble $\mathcal{D}_f$ admet exactement un élément.} 24. IV.A.1) Montrer que l’application \[ \phi_{m-2}: \mathcal{P}_{m-2} \to \mathcal{P}_m,\ Q \mapsto \Delta \tilde{Q} \] où $\tilde{Q}(x, y) = (1 – x^2 – y^2) Q(x, y)$ est linéaire et injective et que $\mathrm{Im}\, \phi_{m-2} \subset \mathcal{P}_{m-2}$. } 25. IV.A.2) En déduire qu’il existe un polynôme $T \in \mathcal{P}_{m-2}$ tel que $P + (1 – x^2 – y^2) T$ soit un polynôme harmonique.} 26. IV.A.3) Montrer que l’unique élément de l’ensemble $\mathcal{D}_P$ est la restriction à $\overline{D(0,1)}$ d’un polynôme de degré inférieur ou égal à $m$.} 27. IV.A.4) Expliciter l’ensemble $\mathcal{D}_P$ quand le polynôme $P$ est défini par $P(x, y) = x^3$.} 28. IV.B.1) Soit $P \in \mathcal{P}$. Montrer que $P$ se décompose de manière unique sous la forme : \[ P(x, y) = H(x, y) + (1 – x^2 – y^2) Q(x, y) \] où $H$ est un polynôme harmonique et $Q \in \mathcal{P}$. } 29. IV.B.2) Soit $m \in \mathbb{N}$. On note $\mathcal{H}_m$ le sous-espace vectoriel des polynômes harmoniques de degré inférieur ou égal à $m$. Déterminer la dimension de $\mathcal{H}_m$.} 30. IV.B.3) Déterminer explicitement une base de $\mathcal{H}_3$.} 31. IV.C.1) Montrer que l’ensemble \[ \{(i_1, i_2, \ldots, i_n) \in \mathbb{N}^n~|~i_1 + i_2 + \cdots + i_n = m\} \] a pour cardinal $\binom{n + m – 1}{m}$. En déduire la dimension de $\mathcal{P}_m$. } 32. IV.C.2) Déterminer la dimension de $\mathcal{H}_m$ en fonction de $m$ et de $n$.}

FAQ

Comment montrer qu’un ouvert Ω contient un sous-ensemble de la forme I × J pour tout (x, y) ∈ Ω ?

Pour tout point (x, y) dans Ω, comme Ω est ouvert, il existe une boule ouverte centrée en (x, y) entièrement contenue dans Ω. En projetant cette boule sur les axes, on obtient deux intervalles ouverts I et J contenant respectivement x et y, tels que I × J soit inclus dans Ω. Un dessin peut t’aider à visualiser cela, mais n’oublie pas que ce n’est pas une preuve !

Pourquoi le polynôme P est-il nécessairement nul dans la question I.A.1) b) ?

Si P n’était pas nul, il existerait un point où P ne s’annule pas. Or, en utilisant le fait que Ω est ouvert et contient des rectangles I × J, on peut se ramener à une fonction polynomiale d’une variable qui s’annule sur un intervalle ouvert, donc partout. D’où P est identiquement nul. Pour plus de détails, consulte le corrigé complet en débloquant les corrigés sur Prépa Booster.

Quelle est la dimension de l’espace vectoriel ℘ₘ des polynômes à deux variables de degré ≤ m ?

La dimension de ℘ₘ est (m+1)(m+2)/2. En effet, un polynôme à deux variables de degré ≤ m a des coefficients indexés par les couples (k, l) tels que k + l ≤ m. Le nombre de tels couples est donné par cette formule combinatoire.

Comment déterminer un polynôme harmonique de degré 1 ou 2 ?

Un polynôme harmonique de degré 1 est de la forme H(x, y) = a x + b y, où a et b sont des constantes, car le laplacien ΔH = 0 est automatiquement satisfait. Pour le degré 2, on peut prendre H(x, y) = x² – y² ou H(x, y) = x y, qui vérifient ΔH = 0. Tu peux vérifier cela en calculant les dérivées secondes !

Pourquoi les polynômes harmoniques forment-ils un sous-espace vectoriel de ℘ ?

Les polynômes harmoniques forment un sous-espace vectoriel car la somme de deux polynômes harmoniques est harmonique (Δ(P+Q) = ΔP + ΔQ = 0), et le produit par un scalaire conserve aussi l’harmonicité (Δ(λP) = λΔP = 0). C’est une propriété classique des solutions d’équations linéaires comme ΔP = 0.

Comment montrer que dim(ker Δₘ) ≥ 2m + 1 pour m ≥ 2 ?

On utilise le fait que Δₘ est une application linéaire entre espaces de dimension finie. En exhibant des polynômes harmoniques indépendants, comme les parties réelles et imaginaires de (x + i y)^k pour k ≤ m, on obtient une famille libre de taille 2m + 1. Cela donne une minoration de la dimension du noyau.

Comment trouver un polynôme harmonique H tel que H(x, y) = xy sur le cercle unité ?

On cherche H sous la forme H(x, y) = xy + Q(x, y)(1 – x² – y²), où Q est un polynôme à déterminer. En utilisant les conditions aux limites et l’harmonicité, on trouve que H(x, y) = xy est déjà harmonique et vérifie la condition sur le cercle unité. Pas besoin de correction ici !

Pourquoi les dérivées partielles d’une fonction harmonique sont-elles aussi harmoniques ?

Si f est harmonique (Δf = 0), alors ses dérivées partielles commutent avec le laplacien. Ainsi, Δ(∂₁f) = ∂₁(Δf) = 0, et de même pour ∂₂f. C’est une propriété fondamentale des fonctions harmoniques, liée à la régularité des solutions de l’équation de Laplace.

Comment justifier que Ω_{x₀,y₀,λ} est un ouvert de ℝ² ?

Ω_{x₀,y₀,λ} est l’image de Ω par une transformation affine inversible (homothetie + translation). Comme Ω est ouvert et que les transformations affines conservent l’ouvertude, Ω_{x₀,y₀,λ} est bien un ouvert de ℝ².

Comment montrer que h₁(x, y) = ln(x² + y²) est harmonique sur ℝ² \ {(0,0)} ?

Il suffit de calculer le laplacien de h₁. On trouve Δh₁ = ∂²h₁/∂x² + ∂²h₁/∂y² = 0 après calcul. Les dérivées secondes s’annulent mutuellement grâce aux propriétés du logarithme et de la fonction inverse.

Pourquoi l’application Nₜ est-elle harmonique sur le disque unité D(0,1) ?

Nₜ est construite à partir de transformations géométriques (inversion, translation) appliquées à des fonctions harmoniques. Comme les transformations conformes préservent l’harmonicité, Nₜ hérite cette propriété. La question II.B.3 est cruciale ici pour justifier la conservation de l’harmonicité.

Comment prouver que u est continue sur le bord du disque unité ?

On utilise la continuité de f et les propriétés de l’intégrale de Poisson. En majorant convenablement N(x, y, t) et en utilisant la continuité de f, on montre que u converge vers f sur le bord. C’est un résultat classique du problème de Dirichlet pour le disque.

Pourquoi uₙ n’admet-elle pas de maximum local dans D(0,1) ?

Si uₙ avait un maximum local en un point intérieur, le principe du maximum pour les fonctions harmoniques impliquerait que uₙ est constante. Or, uₙ prend des valeurs strictement inférieures à 1/n sur le bord, d’où une contradiction. C’est une conséquence directe du principe du maximum pour les fonctions sous-harmoniques.

Comment décomposer un polynôme P en somme d’un polynôme harmonique et d’un multiple de (1 – x² – y²) ?

On utilise le fait que Δ est surjectif sur les polynômes. Ainsi, P peut s’écrire P = H + (1 – x² – y²)Q, où H est harmonique (ΔH = 0) et Q est un polynôme. Cette décomposition est unique et repose sur la résolution de l’équation de Poisson ΔQ = quelque chose.

Quelle est la dimension de l’espace ℋₘ des polynômes harmoniques de degré ≤ m ?

La dimension de ℋₘ est 2m + 1. Cela se déduit de la structure des polynômes harmoniques, qui sont combinaisons linéaires des parties réelles et imaginaires de (x + i y)^k pour k ≤ m. Pour m = 3, une base explicite peut être donnée par les polynômes 1, x, y, x² – y², xy, etc.

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